Where to?

Vaccins Vietnam 2026

 

Pourquoi ce guide existe

Parce que sur Internet, c'est le chaos. Entre les forums qui conseillent quatorze vaccins "au cas où" et les blogueurs qui voyagent sans rien et survivent miraculeusement, difficile de s'y retrouver. Pire : les recommandations médicales officielles ont parfois dix ans de retard sur la réalité du terrain vietnamien.
Ici, on fait le tri. Pas de conseils paranoïaques, pas de négligence coupable. Juste des faits à jour et une dose de bon sens. Parce que préparer son voyage ne devrait pas ressembler à une thèse de médecine tropicale..

L'administratif : La règle du "zéro obligation" (ou presque)

Commençons par évacuer le stress : administrativement, le Vietnam n'exige aucun vaccin pour entrer sur son territoire. A une seule exception près : la fièvre jaune. Le vaccin n'est exigé que si vous avez transité plus de 12 heures ou séjourné récemment dans un pays à risque (Afrique subsaharienne ou Amérique du Sud). Un certificat au format papier (Carnet de Vaccination International Jaune) vous sera alors demandé à la douane.
C'est tout. Pas de contrôle sanitaire, pas de question sur votre carnet. La suite, c'est de la prévention personnelle, pas de l'obligation.

Avant l'exotisme, un détour par l'évidence

Une précision rapide avant d'aller plus loin : ce guide suppose que vos vaccins de base sont à jour. Diphtérie, tétanos, polio, rougeole ; ceux que vous avez (normalement) faits étant enfant et rappelés depuis. Si vous avez un doute, une consultation chez votre médecin traitant suffit. Pas besoin d'un centre spécialisé pour ça.
Ce qui nous intéresse ici, c'est ce qu'on ajoute spécifiquement pour le Vietnam.
 
lan-ha Pour un séjour classique, mettez plutôt votre argent dans une bonne assurance voyage - Baie de Lan | Mr Linh's Adventures

Les deux incontournables du Vietnam (et le reste)

La vérité que les centres de vaccination ne vous diront probablement pas : pour la plupart des voyageurs, un seul vaccin est vraiment indispensable. Le second est utile selon votre itinéraire. Tout le reste relève du "au cas où", souvent coûteux et statistiquement inutile pour un séjour touristique classique.

L'indispensable : Hépatite A

Pourquoi c'est non-négociable : elle se transmet par une salade mal lavée, un glaçon douteux (celui des blocs de glace cassés à la main), ou des mains pas assez lavées. Présente partout, de la street food de Hanoï aux restaurants de Saïgon. Une dose 15 jours avant le départ = tranquillité pour 1 à 3 ans. Avec deux doses, vous êtes protégé à vie.
Le coût de l'oubli : 3 semaines d'ictère, une fatigue impossible à secouer, et un voyage transformé en convalescence. Pour environ 50€, le calcul est vite fait.

L'optionnel qui peut valoir le coup : Fièvre typhoïde

À faire si : vous partez plus de 3 semaines, ou vous comptez vraiment sortir des villes (nuit chez l'habitant en montagne, circuits réellement hors des sentiers battus).
À oublier sans regret si : vous faites l'itinéraire classique 10-12 jours Hanoi-Baie d'Ha Long-Hoi An- Saigon. Dans ces villes, l'hygiène alimentaire s'est drastiquement améliorée. Le risque typhoïde y est comparable à celui d'une gastro en Grèce :  désagréable, mais pas dramatique. Le vaccin coûte ~60€ et n'est efficace qu'à 50-70%. Pour un séjour court en ville, investissez plutôt dans une bonne assurance voyage.
 
health-profil

Le calculateur de carnet de santé

Ne faites pas tous les vaccins par défaut ! Identifiez votre profil pour savoir ce qui est vraiment utile.

Profil A : "L'express urbain" (10-12 jours)

Hanoi, Baie d'Halong, Hoi An, Saïgon - Hôtels confortables, restos sélectionnés
À faire
✓ Hépatite A (indispensable)
À oublier
✓ Fièvre typhoïde :  overkill pour un séjour court
✓ Encéphalite japonaise : zéro risque en ville
✓ Rage préventive : sauf si vous caressez les chiens errants
Verdict: Un seul vaccin suffit..
rice-fields Pas d’inquiétude. Le Vietnam reste l’un des pays les plus sûrs d’Asie du Sud-Est en matière de santé | Mr Linh's Adventures

Profil B : "Le gourmet de rue & randonneur" (2-3 semaines)

Marchés locaux, petites randos, nuits alternant hôtels et homestays.
À faire
✓ Hépatite A (indispensable)
À considérer avec discernement
✓ Fièvre typhoïde : pertinent si vous mangez beaucoup en dehors des circuits
✓ Méningite A,C,Y,W : discutez-en si vous dormez en dortoirs (signalements sporadiques fin 2025 dans certaines auberges de jeunesse).
Verdict: Deux vaccins sont suffisants. La méningite reste rare, mais le coût du vaccin (~80€) peut être rentabilisé si vous faites plusieurs pays d'Asie du Sud-Est dans l'année..
sapa Seulement 10 jours avec un arrêt rapide à Sapa ? Oubliezle vaccin contre la rage - Scène autour de Sapa | Mr Linh's Adventures

Profil C : "L'aventurier jungle & rizières" (Trek isolé)

Montagnes du Nord (Sapa, Ha Giang), nuits chez l'habitant, rizières, moustiques en mode commandos de masse.
À faire
✓ Hépatite A (indispensable)
Fortement conseillé
✓ Encéphalite japonaise : le virus circule près des rizières, surtout juin-octobre (période de mousson)
✓ Rage préventive : si vous partez plus de 4 semaines en zone très isolée
La rage : un calcul pragmatique. Le Vietnam déclare ~70 cas humains par an sur 100 millions d'habitants. Le risque réel pour un touriste qui ne caresse pas les animaux est infime. MAIS si vous vous faites mordre en jungle profonde, trouver des immunoglobulines peut prendre des heures précieuses. Être vacciné préventivement simplifie alors le protocole post-exposition (2 injections au lieu de 5 + immunoglobulines intramusculaires).
Le conseil Mr Linh’s Adventures : si vous partez 3 semaines en trek extrême, faites la rage. Si c'est 10 jours avec une escale à Sapa depuis Hanoï, passez votre chemin et évitez simplement les chiens.
hpmestay Presque toutes les familles d’accueil proposent une moustiquaire | Mr Linh's Adventures

Focus 2026 : dengue, moustiques et le mythe du "tout est dangereux"

Le Vietnam a un problème de communication sanitaire : on entend "dengue", "encéphalite", "Zika", et on imagine un pays infesté de moustiques meurtriers. La réalité est plus nuancée et plus gérable.

Deux équipes de piqueurs, deux règles du jeu

Imaginez un match de foot opposant deux moustiques vietnamiens. En blanc, le moustique Tigre, rayé, insolent, joueur de jour. Il squatte les villes, traîne près des flaques d'eau stagnante dans les cours intérieures, et transmet la dengue, le Zika ou le chikungunya. Sa tactique ? Attaquer au crépuscule et à l'aube, quand vous sirotez votre café sur une terrasse à Hanoï ou admirez le lever de soleil à Hoi An. En saison des pluies (mai à octobre), il est particulièrement agressif dans le Sud du pays.
En rouge, le moustique Rural — discret, nocturne, amateur de rizières. Il ne sort que la nuit, entre le crépuscule et l'aube, et vit exclusivement à la campagne. C'est lui qui transmet l'encéphalite japonaise et le paludisme. Notez bien : ce dernier est quasi absent du Vietnam (quelques cas isolés près des frontières), et l'encéphalite ne concerne que ceux qui dorment réellement au milieu des rizières, loin des sentiers battus.
Le résultat du match ? Si vous restez en ville et rentrez avant la nuit tombée, vous ne croiserez presque que l'équipe du Tigre (et seulement la moitié de l'année). Pas besoin de moustiquaire à Hanoï en novembre. Par contre, oublier le répulsif à Ho Chi Minh Ville en août, c'est offrir votre cheville gauche en offrande.

Le vaccin dengue (Qdenga) : la fausse bonne idée

Il existe depuis 2023, disponible en Europe depuis fin 2024. Mauvaise nouvelle : il est surtout réservé aux personnes déjà immunisées contre la dengue (ayant déjà eu la maladie). Pour les autres, le rapport bénéfice-risque est discuté — et il n'est pas remboursé (~120€ les deux doses).
Le conseil Mr Linh’s Adventures : sauf si vous avez déjà fait la dengue ET que vous retournez régulièrement en Asie du Sud-Est, passez votre chemin. Votre argent sera mieux dépensé en répulsif de qualité et en manches longues.
 
jungle-trek Êtes-vous un aventurier de la jungle et des rizières ? Mr Linh's Adventures

Votre attirail "anti-bzzz" (ce qui marche vraiment)

  • Le répulsif : DEET 25-50% ou Icaridine 20%. Les sprays "naturels" à la citronnelle protègent 20 minutes. Inutiles sauf pour dîner sur une terrasse sans vent.
  • Les vêtements : manches longues et pantalons légers dès que le soleil décline, surtout en zone rurale. La mode "trekkeur en short et débardeur" est un buffet itinérant pour moustiques.
  • La moustiquaire : indispensable si vous dormez chez l'habitant dans les montagnes du Nord ou dans la jungle. Inutile dans les hôtels avec clim et fenêtres étanches (la norme depuis 2010). Remarque : la plupart des homestays ont des moustiquaires.
  • L'imprégnation perméthrine : pour les treks de 3 semaines, vous pouvez imprégner vos vêtements avant de partir. Efficace, mais toxique pour les chats.

Anti‑stress timing

Le système immunitaire n'est pas une connexion 5G : il lui faut du temps pour s'activer. Mais pas non plus besoin de commencer 6 mois avant.
Quand Quoi Pourquoi
8 semaines Consultation en centre de vaccination internationale. Pour les protocoles longs (rage, encéphalite japonaise : 2-3 doses espacées).
4 weeks Début des protocoles longs (Rage, Encéphalite). Si vous faites la rage ou l'encéphalite.
2 semaiines Injection Hépatite A et Typhoïde. Délai minimum pour une efficacité optimale à l'arrivée.
1 semaine Mise à jour DTP si vraiment oublié Mieux vaut tard que jamais, mais ce n'est pas idéal.

La règle du "trop tard" : si vous partez dans 5 jours et que vous n'avez rien fait, ce n'est pas catastrophique. Faites au moins l'hépatite A (une dose = déjà 80% de protection à J+15). Le reste peut attendre un rappel ou une prochaine destination. Ne renoncez pas à votre voyage parce que vous n'avez pas fait la rage.
 
local-market La vie quotidienne au marché... Ce qui compte vraiment | Mr Linh's Adventures

Au-delà des vaccins : ce qui compte vraiment

Le Vietnam reste l'un des pays les plus sûrs d'Asie du Sud-Est sur le plan sanitaire. L'eau du robinet n'est pas potable, mais elle est traitée dans les villes. Côté street food, le danger numéro un reste le chili, pas les bactéries. Si votre estomac est sensible, assumez-le : évitez les stands vides à 15h et choisissez ceux où la file d'attente est locale. La chaleur des woks et le renouvellement rapide des plats font le reste du travail sanitaire.

Vos vraies priorités :

  • Une assurance voyage avec assistance rapatriement. Les hôpitaux internationaux de Hanoï et Saïgon sont excellents mais facturent cash et cher (500€/jour d'hospitalisation). Le Viet Duc ou le FV Hospital ne vous laisseront pas partir sans règlement.
  • Un répulsif dans votre sac à main. Plus efficace que la moitié des vaccins contre les moustiques.
  • Du savon. Se laver les mains avant de manger reste la meilleure prévention contre l'hépatite A et la tourista.
  • Un désinfectant intestinal, (type Ercefuryl ou équivalent) et des sels de réhydratation pour bloquer l’effet piment et retenir l’eau en cas de forte sudation ou de tourista.
  • Du bon sens. Ne buvez pas l'eau de la rizière, ne caressez pas les chiens errants… Du bon sens, on vous dit !

Une fois sur place, vous pourrez vous concentrer sur l'essentiel : choisir entre phở bò et bánh mì pour votre premier petit-déjeuner.
Bon voyage !
 
Câu hỏi

(v) Bắt buộc
Votre nom (*)
Email (*)
Email 1 (*)
Comment
Post Comments
En association avec