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Comment rater votre premier voyage au Vietnam (et trois façons de l'éviter)

Introduction

Le Pays du Dragon ne se visite pas, il se ressent, il se vit. Mais à condition d'accepter que "tout voir en 10 jours" soit une imposture, et que la friction soit un filtre. Pas un bug.

Il existe deux façons de voyager au Vietnam. La première consiste à suivre les flux : Hoi An et ses lanternes, Nha Trang et ses plages, la baie d'Ha Long et ses croisières de luxe. C'est confortable, prévisible, et instagramablement satisfaisant.

La seconde méthode exige d'accepter la friction. Celle où votre GPS a perdu le Nord, où votre hôtel a un site web aux fonctionnalités indépendantistes, où vous mimez la négociation du prix de votre chambre parce que personne ne parle anglais.

Voici trois itinéraires qui privilégient une friction maîtrisée, et qui vous donnent le Vietnam que 90% des visiteurs ne voient pas.
sapa Loin du centre-ville, Sapa reste authentique. | Mr Linh's Adventures

Erreur numéro un : Vouloir "tout faire"

Le Vietnam fait (à vol d’oiseau) 1 650 km de long. C'est Paris-Séville. Pourtant, les agences vendent encore des circuits "Nord-Centre-Sud en dix jours" comme si vous partiez en week-end en Normandie. Le calcul est brutal : deux heures de vol Hanoi–Ho Chi Minh, trente heures de train, ou quarante heures de bus. Quel que soit votre choix, vous sacrifiez 40 % de votre séjour à des transferts. Ce n'est pas du voyage. C'est du transit avec vues.

La solution n'est pas de courir plus vite. C'est d'accepter que "tout voir" est une imposture marketing.

Erreur numéro deux : Suivre les flux

Hoi An à 20 heures. Des milliers de lanternes, zéro moteur, cent mille smartphones levés. C'est beau. C'est aussi une densité humaine qui transforme l'expérience en spectacle de masse. Nha Trang, même combat : plages, parcs aquatiques, circuits avec russes en survêtement. Le Sud n'est pas mieux loti : Ho Chi Minh City et ses neuf millions d'habitants, huit millions de scooters, et votre notion d'espace personnel réduite à néant.

Ces lieux existent parce qu'ils sont accessibles. Routes asphaltées, aéroports internationaux, hôtels quatre étoiles avec personnel anglophone. Rien de répréhensible. Simplement, ils ne vous donnent pas le Vietnam. Ils vous donnent une version optimisée pour le confort occidental, avec cuisine locale en option.

Erreur numéro trois : Craindre la friction

La friction, c'est ce qui arrive quand votre GPS vous abandonne pour vivre sa vie de presse-papier, quand votre hôtel a un site web aux fonctionnalités indépendantistes, quand vous mimez la négociation du prix de votre chambre parce que personne ne parle anglais. C'est désagréable. C’est inconfortable. C'est le filtre qui sépare le touriste du voyageur.

En 2026, la friction au Vietnam se trouve à l'intérieur des terres. Dans les provinces que les guides ignorent parce qu'elles demandent du temps, de l'adaptation, et l'acceptation d'un certain inconfort.
van-long Van Long, le charme discret de la baie d'Halong terrestre | Mr Linh's Adventures

Trois itinéraires qui privilégient la friction maîtrisée

Itinéraire un : Le Nord vertical (dix à quatorze jours)

Hanoi, puis Van Long, pas Ninh Binh : saturée. Mêmes karsts, dix fois moins de monde, rizières à perte de vue. Vous dormez dans un homestay, vous fuyez les barques de groupe à vélo électrique, vous grimpez au sommet de Hang Mua. Tout le monde ne peut pas avoir tort : la vue est spectaculaire, même si vous partagez le sommet avec d'autres.

Ensuite, direction nord-ouest. Pas la baie d'Ha Long : trop tard, trop saturée. Sa Pa ou Mai Chau (ou encore mieux : Pu Luong), mais avec une nuance : vous ne restez pas dans les villages "authentiques" à deux kilomètres du centre-ville. Vous prenez une moto, vous grimpez vers Ta Phin ou Lao Chai, vous acceptez que votre hébergement soit une maison communautaire avec matelas au sol et coupure d'électricité à vingt et une heures. Le froid montagnard en janvier (cinq à quinze degrés) vous rappelle que l'Asie du Sud-Est a aussi des hivers. Et que choisir quand partir au Vietnam change radicalement l'expérience.

Comme une envie de vivre ce genre d'immersion ? Mr Linh's Adventures organise des treks avec des familles d’accueil, sans la foule des circuits standard.
Jetez un oeil sur ce programme : Mai Chau - Pu Luong Trekking 3 days 2 nights
 
mua-cave Point de vue spectaculaire depuis Hang Mua | Mr Linh's Adventures


Itinéraire deux : La traversée des Hauts Plateaux (douze à seize jours)

Hué, puis l'ouest par la Route 49. Direction A Luoi : quatre heures de montagne, téléphone inutilisable, hôtel qui ressemble à un bureau de poste des années 80. Vous ne savez pas si c'est une insulte ou un compliment. Les enfants courent après votre moto parce qu'un étranger reste un événement.

La Route 9 vers Khe Sanh : cratères de bombes devenus mares, bases aériennes abandonnées, jungle qui a tout recouvert en cinquante ans. Vous ne venez pas ici pour "aimer". Vous venez pour comprendre ce que signifient 75 000 tonnes de bombardements en 77 jours.

Phong Nha, mais pas la grotte spectaculaire. Tu Lan : deux à quatre jours de trekking, bivouac en forêt, nage dans des rivières souterraines à la frontale. 150-250 €, huit personnes max, pas de signal pendant quarante-huit heures. Vous dormez dans une cavité à 20-22°C constant. C'est physique, c’est humide, c’est parfait.

Puis Gia Lai. L'année du tourisme 2026 y prépare l'infrastructure, mais Pleiku et Kon Tum restent des villes de 200 000 et 50 000 habitants avec moins de 10 000 touristes étrangers annuels. Marchés ethniques le samedi matin, tissus et couteaux traditionnels, pas de souvenirs parce qu'il n'y a pas de clientèle. Votre hôtel a un email. Mais personne n’y répond. Vous arrivez, vous négociez, vous découvrez.

Da Lat en sortie, par la Route 14 depuis Gia Lai. Quatre heures de montagne, palier de décompression avant le chaos de Ho Chi Minh City.
 
Mr Linh’s Adventures propose des expériences en petits groupes, avec des guides locaux qui connaissent ces grottes mieux que leurs propres poches.
Trekking au cœur du Vietnam 7 jours 6 nuits

Then Gia Lai. The 2026 Year of Tourism is preparing infrastructure, but Pleiku and Kon Tum remain cities of 200,000 and 50,000 with fewer than 10,000 foreign tourists annually. Ethnic markets Saturday mornings, traditional textiles and knives, no souvenirs because there's no clientele. Your hotel has an email. But nobody answers. You arrive, you negotiate, you discover.

Da Lat as exit, via Route 14 from Gia Lai. Four hours of mountains, decompression chamber before the chaos of Ho Chi Minh City.
 
mekong-delta À vélo le long des aroyos du delta du Mékong | Mr Linh's Adventures

Itinéraire trois : Le Sud sauvage, version minimaliste (sept à dix jours)

Ho Chi Minh City, mais rapidement. Deux jours suffisent à comprendre que neuf millions d'habitants et huit millions de scooters créent une énergie cinétique permanente. Puis vous fuyez. Directement vers Ben Tre.

Pas le circuit îlot/miel/bonbon à la coco. La vraie province, accessible par ferry local depuis l'embarcadère de Ham Luong. Îles de cocotiers, chemins de terre, et cette question sincère des habitants : "Mais vous êtes perdu ?" Vous louez un vélo, vous suivez les pistes, vous acceptez que personne ne comprenne pourquoi vous êtes là sans guide ni itinéraire préimprimé.
Puis Can Tho, en remontant lentement par les routes secondaires. Vous vous levez à 5 heures pour Cai Rang avant les bus de groupe. Vous voyez le vrai delta : 40 000 km², vingt millions d'habitants, 50 % de la production rizicole nationale, une lenteur aquatique qui contraste avec l'hypertension de la métropole.

Finale à Con Dao. Et vite. L'archipel de seize îles, six mille habitants, ancien bagne, plages sans infrastructure, tortues de mer, et un silence que le Vietnam a presque oublié. Mais la fenêtre se referme : 2,5 milliards USD d'investissement d'ici 2045, extension de l'aéroport pour deux millions de passagers/an, projets de remblaiement terre-mer, complexe golf-residentiel en cours. Gia Lai prépare son grand jour. Con Dao, lui, est déjà en train de le vendre.
Ne manquez pas de consulter : Delta du Mékong, le guide de voyage
 
con-dao Découvrez Con Dao avant que le tourisme de masse ne transforme ce paradis en produit commercial. | Mr Linh's Adventures

Le choix final

Ces itinéraires partagent une caractéristique : ils échangent le confort prévisible contre l'imprévisible mémorable. Ils demandent plus de temps de préparation, une tolérance plus élevée à l'ambiguïté, et l'acceptation que "agréable" ne soit pas toujours le premier critère.

Le Vietnam classique, tel qu’on le vend désormais sur appli vibe codée par une IA qui n’a jamais tenu une paire de baguettes, existe parce qu'il répond à une demande légitime. Celui proposé ici existe parce que certains voyageurs préfèrent les histoires aux photographies.

On ne subit pas la friction, on la choisit. C'est l'élégance de savoir que le "vrai" Vietnam se mérite.

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